La science politique se définit comme « l’analyse du pouvoir politique et des institutions » (Larousse, 2018). Cette définition, prise comme telle, est assez obscure et ne reflète pas toute la réalité de la science politique. En effet, il faut au préalable définir ce que sont les institutions et le pouvoir politique pour saisir ce qu’est réellement la science politique. De manière générale, la science politique va s’intéresser aux rapports de force à plusieurs échelles : entre les pays, au sein d’une société, dans une entreprise, un ménage...

On fait de la science politique depuis l’Antiquité : La République de Platon ou La Politique d’Aristote en sont les premiers textes fondateurs en Occident, et servirent de mètre-étalon à son développement ultérieur. Remplacée par la théologie pendant une partie du Moyen-Âge, la science politique est remise au goût du jour au XVIe siècle par Machiavel. En effet, Le Prince est un fabuleux traité de science politique, en ce qu’il fournit des préconisations à un monarque basées sur l’analyse des rapports de force au sein de sa société. Cette redécouverte ouvrit la voie, notamment, aux réflexions des philosophes des Lumières sur les monarchies européennes et le besoin de démocratie. Cette science politique était toutefois littéraire, dans le sens où elle se basait sur l’observation, l’introspection et les réflexions solitaires de ses auteurs. Au XIXe siècle, des sciences plus modernes (l’économie politique, la sociologie, le droit public...) firent concurrence à la science politique dans sa tentative d’explication des phénomènes de société. Elle fut donc contrainte de se réinventer et de se moderniser, et le fit dans le plus moderne et inventif pays de l’époque : les États- Unis. Cette nouvelle forme de politologie n’arriva en Europe, et donc en France, que plus tard, confirmée par l’ouverture en France de l’Institut d’études politiques de Paris, aussi appelé « Science Po ». Depuis lors, la science politique a continué à évoluer au gré des changements de la société. On peut dire assez justement que la science politique fut la première des sciences sociales. En étudiant les mécanismes sous-jacents dans la société, et ce bien avant que les autres sciences sociales modernes ne naissent au XIXe siècle, la science politique a posé les jalons de ce qu’était étudier la société, et de quelle manière le faire. Toutefois, cela ne l’empêche pas d’être divisée en son sein. Il existe ainsi deux grandes manières de l’envisager : l’école dite « américaine » et une autre « européenne ». L’école américaine étudie la science du pouvoir, c’est-à-dire qu’on va chercher à comprendre ce qu’est le pouvoir, comment il apparaît, comme il agit, pourquoi et quels sont ses effets. L’école européenne, elle, est beaucoup plus « juridique » dans le sens où elle se concentre sur l’État, ses institutions, son historique, les théories de l’État, etc.

Du fait de cette dichotomie de définitions, on verra que la science politique couvre un champ disciplinaire large, qu’on peut regrouper en quatre grandes catégories : On peut constater que la science politique couvre un champ disciplinaire large, qu’on peut regrouper en quatre grandes catégories :

- La théorie politique : elle rassemble la théorie politique, c’est-à-dire les différentes manières imaginées par l’Homme pour gérer son environnement social et les idées politiques, les grands courants de pensée sur le but de la gestion de l’État et de la société. En ce sens, elle est sans doute la plus littéraire des disciplines de la science politique.

- Les institutions politiques : l’étude des institutions politiques va toucher à l’État au sens large. Quelles sont les règles fondamentales d’un État ? Comment est-il administré ? Quelles sont ses spécificités et à quoi sont-elles dues ?

- Les partis, les groupes et l’opinion publique : ici, la science politique va s’intéresser à ce qui fait la démocratie au quotidien : les corps intermédiaires et la masse des électeurs. Étant une étude des relations de pouvoir au sein d’une société, il est normal que la science politique s’intéresse aux corps intermédiaires, que ces derniers soient formels (les partis politiques, les syndicats) ou informels (associations, lobbies, groupements d’intérêts...). La formation de ces groupes ne se faisant pas en dehors du monde, ils ont une influence sur l’opinion publique. On pourrait grossièrement la résumer comme l’étude de l’accès au pouvoir.

- Les relations internationales : c’est l’étude du fonctionnement des relations internationales, les enjeux et stratégies afférentes, ainsi que les jeux de pouvoir. Ces derniers peuvent exister entre Etats, entre ethnies, entre entreprises...

L’enseignement de la science politique en France est très généraliste, qu’il s’agisse des formations dispensées au sein des Instituts d’Études Politiques ou encore dans les licences de science politique au sein des Universités. Il existe, en France, plus de 20 licences en science politique, et une dizaine de parcours spécialisés en double-licence ou licence bi-disciplinaire. En étudiant de près les maquettes de formations, on s’aperçoit que ces licences font l’objet d’une véritable transversalité dans leurs enseignements. En effet, que ce soit le droit, l’histoire, la philosophie ou encore l’économie, ces matières sont toutes mises au service de la chose politique : c’est pourquoi on retrouve au sein des formations en science politique ces différentes disciplines faisant de la science politique une filière pluridisciplinaire et transversale par excellence. La première année en science politique permet l’appréhensions des différentes disciplines abordées. Ainsi, cette année, cruciale, constituera le tronc commun autant dans la découverte de la matière que dans le développement des bases méthodologiques utiles au développement de l’étudiant dans son cursus. La deuxième année est celle de l’orientation, où l’étudiant commence à découvrir des matières spécifiques à la science politique : la sociologie politique, l’étude des relations internationales.... Le but est la découverte par l’étudiant des différents champs d’étude possibles en science politique. Enfin, la troisième année est celle de la pré-spécialisation. Dans les Universités, cette année sert pour l’étudiant à affiner son projet professionnel et approfondir ses connaissances dans certains domaines de la science politique. Pour ce qui est des masters de science politique, ceux-ci ont pour objet de donner une véritable spécialisation à l’étudiant, les parcours principaux étant la philosophie politique, les relations internationales, la politique comparée, l'étude des comportements électoraux, l'administration publique et les politiques publiques.

Débouchés :
Les débouchés de la formation en science politique sont à l’image de ses enseignements ; multiples et diversifiés. En effet, étant une formation pluridisciplinaire offrant à l’étudiant une pré-spécialisation en troisième année avec un tronc commun transdisciplinaire les choix d’orientation en master, constituant la spécialisation définitive, sont multiples. Ainsi, un étudiant peut s’orienter aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé à la fin de ces études. Voici une liste non exhaustive des différents corps de métiers exercés par des étudiants sortant de cette formation :

- Directeur d’hôpital
- Assistant parlementaire
- Chargé de projets culturels
- Fonctionnaire européen
- Auditeur financier
- Journaliste
- Attaché humanitaire
- Chef de projets européens
- Analyste web - Chef d’entreprise
- Enseignant chercheur
- Avocat spécialisé en droit public
- Chargé de ressources humaines
- Attaché d’administration
- Consultant en stratégie et organisation
- Attaché au service économique régional
- Responsable communication
- Inspecteur des douanes Inspecteur du Trésor public
- Analyste financier
- Chef de produit Inspecteur des finances Juriste