IAE VS ECOLES DE COMMERCE

IAE et écoles de commerce : quelles convergences, quelles divergences ? 

Créé en 1955 par Gaston BERGER, alors directeur général des enseignements supérieurs au mi- nistère de l’éducation, le 1er IAE est avant tout le fruit d’une volonté commune des étudiants et des professionnels. Dans le modèle LMD (Licence Master Doctorat), les parcours de gestion étaient rares à cette époque, et les professionnels souhaitaient que leurs nouvelles recrues puissent avoir bénéficié d’une double compétence en gestion et en management. Les formations se rapprochant le plus de ces aptitudes étaient alors les écoles de commerce, qui ont connu un véritable essor au début des années 2000 en profitant du manque de réactivité des Universités, bien que celles-ci bénéficiaient déjà d’un corps professoral qualifié. Les étudiants ayant les meilleurs résultats ont donc été très rapidement attirés par les écoles de commerce, qui ont su convaincre par leurs enseignements de qualités, leurs locaux modernes et leurs outils à la pointe de la technologie. La réaction des Universités fut sans équivoque. En s’inspirant du modèle des business school anglo-saxonnes, les IAE sont donc alors apparus comme LA solution universitaire aux études managériales. En convergeant des enseignants-chercheurs qualifiés et des professionnels aguerris, ce sont plus de 1000 formations qui sont aujourd’hui dispensées dans les 37 IAE du territoire. Chaque année, un nombre conséquent d’étudiants se retrouvent confrontés au choix qui oppose les IAE aux écoles de commerce. Il parait donc pertinent de leur offrir une visibilité des plus claires quant aux similitudes et aux différences de ces écoles. 

Sur le fond, les formations proposées dans les IAE et les écoles de commerce se ressemblent et de nombreuses disciplines sont communes : management, comptabilité, finance, marketing, gestion, etc. De même, les processus de sélection sont semblables : le Score IAE Message (SIM) pour les IAE équivaut sur beaucoup de points au TAGE MAGE nécessaire à l’entrée en école de commerce. Les épreuves écrites sont, dans les deux cas, suivies par des épreuves orales. De mêmes, IAE et écoles de commerce proposent tous deux des formations en anglais, et des formations en alternance. Enfin, les taux d’insertion sont supérieurs à 80% à la sortie d’un IAE ou d’une école de commerce. Les statistiques montrent que les IAE se rapprochent des taux d’insertions et des salaires à la sortie des études des écoles de commerce, mais un écart demeure du fait des Grandes écoles de commerce et de leur réputation à l’échelle mondiale qui augmentent fortement le taux de réussite globale de ces écoles. Toutefois, pour les étudiants souhaitant poursuivre leurs études en doctorat, il est plus avantageux d’avoir réalisé ses études dans le monde universitaire qui favorise la poursuite d’étude après le master. 

C’est toutefois sur la forme que les différences sont les plus prépondérantes, avec comme caractéristique majeure le coût de ces écoles. Les IAE étant des écoles publiques et universitaires, ils bénéficient des subventions accordées par l’Etat. Le tarif pour entrer dans un IAE est donc le même que pour entrer dans une faculté ou tout autre école rattachée à l’Universitaire : ce sont les Droits Universitaires (comptez 170€ pour une licence et 243€ pour un master à la rentrée 2019/2020). 

En école de commerce, l’affaire est toute autre. Quasiment toutes sont privées et ne bénéficient donc pas des subventions étatiques. Pour se financer, celles-ci comptent donc sur leurs étudiants. Cette fois-ci, un étudiant devra débourser entre 5 000 et 20 000 euros pour une année d’étude. De quoi accentuer la précarité déjà trop présente dans le milieu estudiantin, ou la souscription de prêts étudiants qui devront être remboursés dès l’entrée sur le marché du travail. 

Pour les formations en alternance toutefois, il est parfois possible que l’entreprise d’accueil finance l’année d’étude en école de commerce comme en IAE. Le coût financier représente donc de facto le facteur majeur de choix entre un IAE et une école de commerce. Pour autant, si toutes les écoles de commerce ne sont pas aussi spécialisées et réputées les unes que les autres, il en est de même pour les IAE. Les plus grands qui accueillent un nombre conséquent d’étudiants et sont un institut à part entière de l’Université sont en presque tous points identiques aux écoles de commerce, mais d’autres IAE disposent de moins de moyens et sont considérés comme l’un des départements d’une faculté du fait de leur plus petite taille. 

Chaque entité possède, à sa manière, un réseau d’anciens. Grâce au regroupement stratégique mis en place par IAE France, l’institution qui fédère 35 IAE sur le territoire, un véritable réseau se crée et s’améliore d’année en année. Des progrès restent toutefois à faire par rapport au réseau des écoles de commerce, qui est d’ailleurs souvent présenté comme un argument phare par ces écoles qui misent sur la portée puissante permise par les anciens étudiants entrés sur le marché du travail

Enfin, concernant la vie étudiante et associative, facteur non négligeable de la vie en études supérieures pour ceux qui souhaitent s’y investir ou en bénéficier, les écoles de commerce peuvent paraître avantagées car elles octroient des sommes très importantes aux BDE qui peuvent ainsi organiser des événements de grande ampleur et avec beaucoup de moyens. Toutefois, leur « entre-soi » contraste avec la vie étudiante universitaire, où les étudiants y sont plus nombreux mais les BDE moins soutenus financièrement. La richesse d’une association étudiante ne se résume toutefois pas à ses moyens financiers, et ceux-ci n’impacteront pas nécessairement la qualité de la vie étudiante. L’investissement et le dynamisme de ses membres seront toujours les facteurs déterminants de la mise en place de projets, culturels ou festifs, qui seront proposés à l’ensemble des étudiants. 

En résumé, les IAE et les écoles de commerce proposent des formations souvent semblables et spécialisées qui permettent une forte insertion et un salaire d’entrée important sur le marché du travail, bien que certaines spécialités soient plus présentes dans l’une ou l’autre des deux écoles. C’est donc le coût d’entrée qui reste l’élément le plus clivant du choix entre les deux, car le niveau des formations est en moyenne équivalent (même si les IAE ont encore du retard à rattraper face aux très grandes écoles de commerce reconnues à l’international). Actuellement, les IAE sont de plus en plus reconnus par les professionnels qui louent la qualité de l’enseignement et des formations qui y sont dispensées. Il semble donc qu’à l’avenir, les IAE tendront donc à n’avoir plus rien à envier à leur concurrent.

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